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 Tests d'intolérance alimentaire et/ou d'allergie :

L'arnaque


   D'emblée, on vous roule dans la farine (à gluten surajouté). Qui vous explique correctement la différence entre intolérance et allergie...? On joue sur les ambiguïtés, en annonçant délibérément que c'est complexe (et que donc comme vous n'y connaissez rien, nous, on sait, mon coco...). Or, c'est on ne peut plus simple et on ne peut plus clairement défini.

   La tolérance, c'est la non action du système immunitaire vis-à-vis d'une molécule. Le microbiote induit la tolérance alimentaire. Un microbiote équilibré, en richesse et en diversité, délivre des messages (des molécules) à destination des cellules immunitaires de l’intestin et leur déclare "qu'il n'y a rien à déclarer". Le système immunitaire n'a donc rien à faire : il ne reconnaît ni ne mémorise dans ce cas là : pas d'anticorps, pas de cellules agressives. La non-action immunitaire est un phénomène cependant actif : la tolérance est induite par des ordres immunitaires qui disent "on est au courant de ce que l'on voit, mais on ne fait rien".

   L'intolérance résulte d'une digestion moléculaire incomplète des aliments par les enzymes digestifs et microbiens, qui ne sont pas dégradés jusqu'au au stade ultime de monomères (un glucide, un lipide, un acide aminé). La digestion n'est donc qu'un phénomène de simplification moléculaire. La tolérance alimentaire, donc immunologique, signifie que tout va bien au royaume de l'intestin. Si le gluten pouvait être correctement dégradé en acides aminés, il n'y aurait pas d'intolérance au gluten.

   L'allergie répond à une définition stricte biologique, et elle met en jeu uniquement des immunoglobulines de classe E (IgE).

   Les hypersensibilités sont répertoriées en 4 classes, dont l'allergie (classe 1 de Gell et Coombs). il n'existe pas d'allergie retardée, mais une classe 3 d’hypersensibilité (et non pas d'allergie retardée ou d'intolérance), qui ne met en action que des immunoglobulines de classe G (et non pas E).

   La présence dans le sang d'immunoglobulines G reconnaissant des aliments (en fait des molécules au sein des aliments) signifie bêtement qu'il y a eu forcément contact entre l'antigène et le système immunitaire. Les molécules alimentaires sont simplement reconnues de ce fait, sans délivrer de signaux de danger, et les complexes immuns (association antigènes alimentaires-anticorps) circulants ne se déposent pas dans les tissus, n'activent pas le système du complément et ne déclenchent aucune maladie (à l'inverse du lupus par exemple où les antigènes ne sont pas alimentaires). Cela ne signifie donc EN AUCUN CAS qu'il y a eu intolérance ou allergie : il y a eu simplement CONTACT sans suite.

   Cela signifie tout simplement que la présence d'anticorps IgG anti-aliments  signale une perméabilité intestinale accrue, car normalement il n'y a pas de contact direct anatomique entre le système immunitaire et les aliments. Retrouver des anticorps sanguins reconnaissant l'avocat ou la fraise ne justifie en aucun cas le retrait de ces aliments. En aucun cas. D'autant qu'il n'existe pas de maladie aux anticorps anti-avocat ou anti-oeuf, ou anti quelque chose de ce genre.

   Une enquête alimentaire détaillée, associée à l'étude des symptômes personnels et des prises médicamenteuses individuelles, permet à 100 % de déterminer cliniquement une hyperperméabilité intestinale. Ça prend du temps de consultation, mais c'est infaillible.

   La correction de l'hyperperméabilité intestinale passe alors entre autres par une correction du microbiote (voir les carrés d'as), et fait ipso facto disparaître les témoins sanguins de l'hyperméabilité intestinale que sont les IgG anti-aliments.

   Il n'est donc jamais justifié de prescrire un test sanguin IgG à la recherche d'anticorps anti-aliments. C'est un non sens biologique, une méconnaissance totale des mécanismes. Seuls ceux qui ne savent pas se font piéger par un discours d'enfumage venu de "laboratoires" privant toute réflexion. Mais cela permet aussi d'entretenir une certaine peur chez le patient, de se faire "mousser" par rapport à d'autres "collègues" ou "confrères", et de le reconvoquer pour de nouvelles consultations... à Panama !

   En clair, c'est vraiment une histoire de fric, et vous ne le saviez pas.