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 Laitages et hormones : vers une autre théorie du genre ?

   Les aliments d'origine animale contiennent en général des hormones, mais le cas du lait est très particulier. Les hormones naturelles (retrouvées même dans le lait bio) peuvent jouer un rôle dans les études établissant une relation entre la consommation de lait et de produits laitiers et les maladies humaines : acné, cancers de la prostate, du sein, des ovaires, de l'utérus - plusieurs maladies chroniques courantes dans les sociétés occidentalisées, et les troubles de la reproduction masculine (Ganmaa et coll. 2001; Ganmaa et Sato 2005 ; Jouan et coll. 2006 ; Adebamowo et coll. 2008 ; Givens et coll. 2008 ; Farlow et coll. 2009 ; Melnik 2009 ; Davaasambuu et coll 2011 ; Wiley 2011)

   La consommation de lait a même été associée à un risque accru de puberté précoce chez les filles, au cancer endométrial chez les femmes ménopausées, et les taux hormonaux retrouvés dans les aliments peuvent être particulièrement dangereux pour des populations vulnérables, telles les jeunes enfants ou les femmes enceintes. Pour ces populations à risque, même un faible apport hormonal peut facilement conduire à des changements majeurs du métabolisme.

   Les enfants sont fortement sensibles aux stéroïdes sexuels. Parce que leurs taux de stéroïdes sexuels sont particulièrement faibles avant la puberté, même une petite variation de ceux-ci peut engendrer des changements majeurs dans l'activité totale des hormones impliquées. Comme on n'a pas établi de seuil plancher pour l'action des estrogènes, la prudence est de mise, et il est nécessaire d'éviter une exposition inadéquate des fœtus et des enfants aux stéroïdes sexuels exogènes, même à des taux très faibles.

   Le centre de prévention de l'obésité infantile de Boston (département de nutrition de Harvard), s'est penché en 2013 sur les recommandations laitières de l'industrie : les enfants devraient boire 3 verres de lait par jour (bien sûr, enfin …!) Le lait de vache est impliqué dans la promotion de la croissance des animaux de pâturage à fort risque de prédation lorsqu'ils sont petits, et qui ont alors besoin de prendre une bonne centaine de kilos dès les premiers mois de leur vie. Mais les conséquences de l'exposition aux facteurs de croissance du lait au cours de la vie chez les humains n'ont pas été très bien étudiés (disons aussi qu'ils n'ont pas été rendus publics...). La consommation de lait accroît les concentrations sanguines de IGF-1 (insulin growth factor), c'est tout à fait reconnu. Et ces IGF-1 sont reliés aux cancers de la prostate et à d'autres cancers (ainsi qu'à l'acromégalie, soit dit en passant). De plus, les méthodes industrielles modernes maintiennent les vaches laitières en production permanente de lait même pendant leur grossesse, ce qui détermine évidemment une très forte supplémentation en hormones de la reproduction… dans ce si bon lait si blanc.

   Les vaches enceintes excrètent significativement davantage de forts taux de stéroïdes sexuels dans leur lait que dans celui issu de vaches non gravides. La (sur)consommation subséquente de tels produits laitiers engendre un sur-risque, mais celle-ci peut facilement être évitée : il suffit de raison garder et de ne pas engloutir publicitairement 3 fois par jour ou plus nos "amis pour la vie" (de la filière). Mais il n'y a pas que le lait : alors que les produits laitiers représentent une importante source d'hormones, d'autres produits d'origine animale doivent être considérés. Pfff…

   Tous les tissus animaux comestibles contiennent des estrogènes. Ceci peut expliquer pourquoi, dans une étude portant sur plus de mille femmes ayant une alimentation basée sur les plantes, les femmes végétaliennes montrent 5 fois moins de grossesses gémellaires que les femmes omnivores ou végétariennes. Pourquoi est-ce une bonne chose ? Car la grossesse gémellaire est une grossesse à risque. Les complications apparaissent plus facilement. Beaucoup de parents et de médecins sous-estiment encore malgré tout les conséquences négatives des grossesses multiples, mais les femmes à grossesses multiples font face à de plus grands risques pour elles-mêmes et leurs enfants. Les jumeaux sont 10 fois plus susceptibles de mort à la naissance. Pour éviter toutes ces complications, l'équipe de recherche recommande d'éviter les produits laitiers et le lait pendant la grossesse… Hé-ré-sie vous dis-je.

   De plus, diminuer la consommation de produits laitiers, excellents pourvoyeurs d'acides gras saturés, c'est une bonne idée pour les papas aussi. Pourquoi la consommation d'acides gras saturés est-elle associée à une baisse de fertilité spermatique ? Quelle est la connexion ? Bien que dans cette étude un pourcentage significatif de lipides saturés sont issus de produits laitiers, les résidus des produits chimiques industriels peuvent s'accumuler dans la chaîne alimentaire dans les graisses bovines, et quelques produits chimiques lipophiles peuvent posséder des propriétés de perturbateurs endocriniens.

   N'oublions pas aussi que simplement, la fécondation résulte d'abord d'une fusion membranaire entre l'ovule et le spermatozoïde, et que si les membranes cellulaires sont durcies par leur composition anormale (acides gras saturés et trans), la fusion va se faire difficilement… En effet, comment faire un bisou si on porte un casque intégral ???

   On a étudié l'accumulation de toxiques polluants persistants dans les produits laitiers. Puisque les graisses du lait représentent une source majeure d'exposition à ces polluants,                                                                                       spermatozoïde (connecté)

il est important de comprendre leurs taux. On a testé le lait partout dans les USA et retrouvé… une véritable potion chimique de sorcière. On estime qu'à eux seuls les produits laitiers contribuent entre 30 et 50 % à notre exposition aux dioxines. Et comme la dioxine, d'autres polluants très toxiques type "Seveso" sont largement dispersés dans l'environnement, accumulés dans la chaîne alimentaire et ultimement aboutissent à une contamination à faible taux dans la plupart des graisses animales.

    Ceci peut expliquer les plus fortes concentrations en polluants chez les mangeurs de poissons. Les xénoestrogènes, comme les fameux PCB, sont liés aux lipides des poissons ou aux chairs animales et ne peuvent être complètement éliminés par le lavage ou la cuisson, et de ce fait, s'accumulent dans notre propre graisse. Les xénoestrogènes sont des produits chimiques qui ont des effets démasculinisants ou féminisants (un gros n'a jamais une voix sépulcrale…), mais même dans un monde non pollué, les aliments animaux renferment des estrogènes vrais - pas des xénoestrogènes, qui sont des constituants inévitables de l'alimentation non végétarienne. Tous les produits alimentaires animaux contiennent de l'œstradiol, qui est au moins 10.000 fois plus puissant que la plupart des xénoestrogènes, et l'exposition alimentaire (viande, produits laitiers et œufs) à ces stéroïdes sexuels naturels est de ce fait hautement pertinente puisque les hormones animales sont parfaitement identiques à nos propres hormones. Aucune importance si les estrogènes sont issus des pilules contraceptives féminines éliminées dans les urines, ou bien du lait des vaches ou bien des œufs (la poule a le même œstradiol que la femme) ; la source ne fait rien à l'affaire : c'est la dose d'estrogène qui compte.

   L'urine humaine est souvent citée comme étant une source principale d'estrogènes naturels et/ou synthétiques dans l'environnement aquatique (féminisation des poissons observée partout), mais les taux d'estrogènes urinaires (même chez les grands mangeurs de viande, qui ont des taux significativement plus élevés) font pâle figure en comparaison des niveaux d'estrogènes excrétés par les animaux de la ferme. Les truies, les vaches, les chèvres, les brebis, les poules produisent littéralement des tonnes d'estrogènes par an. Les femmes en excrètent en moyenne 15-17 microgrammes par jour, les animaux de la ferme 10 fois plus, les vaches gravides plusieurs milliers de fois plus. Les rejets animaux comptent pour 90 % du total des estrogènes retrouvés dans l'environnement. 20 litres d'eau de ruissellement contaminés par le fumier de poule équivalent à une pilule contraceptive. Les taux d'estrogènes retrouvés dans les litières de volaille sont si élevés que quand les fermiers nourrissent leurs poules en tout ou partie avec leur propre fumier (pour baisser les coûts alimentaires, eh oui), on déclenche le développement prématuré des volatiles. Le fumier de volaille est parmi ceux qui contiennent le plus d'hormone : 4 fois plus d'estrogènes totaux, et 9 fois plus de 17 béta-œstradiol (le plus puissant estrogène naturel), qui peut être considéré comme un vrai carcinogène, au vu de ses effets initiateurs et promoteurs de tumeurs.

   Les estrogènes sont également présents dans les œufs, et la viande. En buvant un verre de lait, un enfant absorbe 4000 fois plus d'œstradiol que de xénoestrogènes, en termes d'activité hormonale. Mais en buvant de l'eau du robinet, l'enfant est 150 fois moins exposé aux estrogènes par rapport au lait bovin. Les vaches laitières génétiquement "améliorées" ont une lactation continue pendant leur grossesse ; le problème est ici que les taux d'estrogènes dans leur lait peuvent être multipliés par 30… Bien que la consommation de fromages soit associée à une baisse de la concentration spermatique, la consommation de produits laitiers est aussi associée à des anomalies de mobilité et de forme des spermatozoïdes, ce qui suggère ainsi fortement que la consommation de lait est impliquée directement dans les dégâts testiculaires, et pas seulement dans la suppression potentielle de la production de sperme due aux estrogènes.

   Alors que les produits laitiers fournissent la majorité des stéroïdes sexuels femelles ingérés, les œufs en sont également une source considérable, autant contributive que les viandes et les poissons. Ceci mériterait vraiment d'être examiné avec attention, car franchement, hein, et ne le répétez pas, les œufs sont produits directement par les ovaires des poules.

   Les viandes peuvent aussi être enrichies en hormones. La pratique américaine d'administration d'hormones sexuelles anabolisantes destinée à forcer la croissance du bétail a été interdite depuis plus de 25 ans en Europe. Une étude réalisée à New York montre un comptage spermatique progressivement abaissé en lien avec la consommation de produits transformés de viande. Mais des études similaires effectuées en Europe après interdiction retrouvent les mêmes résultats : les responsables n'en sont donc pas les implants hormonaux, mais d'autres choses dans la viande, comme les graisses saturées, peut-être le cholestérol. On sait depuis des décennies que les hommes à fort taux de cholestérol montrent des anomalies dans leurs spermogrammes, une diminution de la concentration en spermatozoïdes, une diminution de leur mobilité d'environ un tiers, et 50 % de présence de spermatozoïdes de forme anormale. Peut-être que l'excès de cholestérol membranaire est aussi délétère au bisou cellulaire procréatif que l'excès d'acides gras saturés ? 25 ans après on retrouve donc la même chose. Dans la plus grande étude effectuée à ce jour, les taux élevés en cholestérol sont associés à un pourcentage significativement abaissé de sperme normal. Le cholestérol est également associé à une réduction du volume spermatique et à une réduction du comptage des spermatozoïdes vivants. Ces résultats mettent en avant le rôle des lipides sanguins dans la fertilité masculine, et ces lipides sanguins pourraient être impliqués aussi dans la prévalence croissante de l'obésité et des problèmes liés au cholestérol. Si un régime alimentaire sain est associé à un sperme de meilleure qualité, il semble bien qu'un traitement par statines n'améliore en rien la qualité spermatique.

   Qui se préoccupe du problème ? Du point de vue de la santé humaine, doit-on prend on en compte la féminisation récente des poissons, ou l'apparition de cafards hermaphrodites ? Le problème est que ces hormones s'introduisent dans notre alimentation. Les hormones stéroïdes endogènes contenues dans les produits animaux sont inévitables puisqu'elles apparaissent naturellement dans ces produits. Alors peu importe si l'on a interdit les injections ou les implants hormonaux…

  Faire marcher son cerveau (et donc jeter la télé) avec autre chose que du surimi et des nutella, reste en fin de compte toujours la meilleure arme contre les idéologues staliniens du lobby laitier !

   Ce qui me surprend, c'est qu'on ne trouve encore pas de lait sans gluten !?!?!?