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 Sexe et microbiote

     

     Depuis les années 80, on sait qu'il existe des influences hormonales dans le diabète murin de type 1 des souris NOD (non obèse diabétiques). Ces souris possèdent des auto-anticorps anti insuline. Chez ces souris, les femelles présentent 2 fois plus de diabète que chez les mâles. La castration augmente l'incidence du diabète chez les mâles ; et un traitement aux androgènes confère une protection chez les femelles.

      Ceci se retrouve chez les animaux en conditions normales d'élevage, exempte de germes pathogènes spécifiques. Alors qu'en condition d'intestin stérile (germ-free ou axénique) les mâles et les femelles présentent la même incidence de diabète.

      Les microbes saprophytes de l'intestin peuvent t-ils être responsables de la fréquence accrue du diabète chez les femelles ?

      Ils se trouve que les femelles ont des taux de testostérone plus élevés en condition germ-free uniquement (intestin stérile).

      Ainsi, soit les femelles et les mâles recèlent une flore différente (ce qui induirait alors une réponse hormonale différente), soit ils répondent de manière différente à une même flore intestinale suivant leur sexe.

       Chez les souris, il apparaît que la différence de flore apparaît à la puberté et s'accentue à l'âge adulte. (J. Danska, Canada).

      L'introduction chez les souris NOD femelles de flore microbienne mâle induit une augmentation des taux de testostérone (la fertilité demeurant apparemment intacte) mais surtout protège contre le diabète de type 1 et diminue le taux d'anticorps anti insuline. Cette protection disparaît si l'on traite les femelles avec un antagoniste du récepteur aux androgènes.

      Pour la première fois l'étude montre que l'altération du microbiote intestinal pourrait être la cause et non la conséquence d'une maladie auto-immune.

     Chez l'homme on ne voit pas de différence sexuelle dans la prévalence du diabète. Pourtant dans bien d'autres maladies auto-immunes, le sex ratio est bien déséquilibré (cas de la spondylarthrite ankylosante, de la polyarthrite rhumatoïde, de la sclérose en plaques...)

      On ne peut que conclure avec humour (provisoirement) : l'intestin... carrefour de mon destin !


Markle JG et coll, Science 2013; 339 : 1084-8