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Des bactéries qui stressent...

Les chercheurs ont tout d'abord administré, par voie orale, des antibiotiques à des souris pendant une semaine. Ils ont alors constaté que le traitement, par la perturbation qu'il engendrait au niveau du microbiote intestinal, provoquait des troubles anxieux et l'élévation du taux d'une protéine connue : le BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor). Cette protéine, impliquée dans la croissance et la survie des neurones, joue un rôle, entre autres, dans la régulation de l'humeur.

Pour une deuxième expérience, les scientifiques ont élevé deux souches de souris. Leurs "caractères" différaient en fonction des bactéries dont elles étaient porteuses. Les souris de la première lignée étaient introverties et anxieuses, alors que les autres étaient beaucoup plus téméraires, extraverties et exploratrices. Parallèlement, des souris dépourvues de germes intestinaux, car élevées en milieu stérile, se sont vues transplanter le microbiote de l'une ou l'autre lignée. Et les résultats obtenus ont été sans appel : les animaux ont "hérité" des caractéristiques des souris "donneuses".

Un axe bidirectionnel intestin-cerveau

Mais si la flore intestinale peut impacter le cerveau, une autre étude réalisée par l'équipe canadienne a permis de confirmer que l'inverse était tout aussi vrai !

Les chercheurs ont procédé à une ablation des bulbes olfactifs sur des souris, ce qui a eu pour effet de rendre les animaux anxieux et très sensibles au stress. Suite à l'opération, ils ont constaté une perturbation de la flore intestinale ainsi que l'augmentation du taux de CRF dans le cerveau, un neuromédiateur du stress libéré par l'hypothalamus. L'étape suivante consistait à injecter du CRF dans le cerveau de souris normales, ce qui a eu pour effet de perturber la flore intestinale.

Autre point souligné par l'expérience : les perturbations du microbiote intestinal chez les souris opérées et celles qui ont reçu du CRF en intra-cérébral ont été associées à un changement des mouvements du côlon.

Pour le responsable de l'étude, ces résultats autorisent à penser que des maladies neuropsychiatriques, comme la dépression ou la schizophrénie, peuvent avoir des conséquences sur le transit intestinal ou la composition de la flore intestinale.

        Affaire à suivre.