Accueil > Infos > Glycotoxines et Alzheimer

Glycotoxines (AGE) et Alzheimer.

 

   Chacun de nous a environ 5 milliards de kilomètres d'ADN. Comment notre corps empêche-t-il l'ADN de s'emmêler? Il existe une famille de protéines spéciales appelées histones, qui agissent comme des bobines sur lesquelles l'ADN s'enroule comme un fil. Les enzymes appelées sirtuines enveloppent l'ADN autour des histones et en faisant ainsi, elles réduisent au silence les gènes de l'ADN, d'où leur nom de sirtuines, ce qui signifie " régulateurs silencieux d'information".

   Ces sirtuines sont des enzymes qui possèdent une activité histone-désacétylase, NAD-dépendantes, leur conférant une activité de régulation de l'expression des gènes, permettant aux cellules de survivre et de s'adapter à des conditions environnementales telles que la restriction calorique, avant l'enclenchement du programme de l'apoptose déclenché par la fameuse protéine p53. 7 sirtuines sont à présent décrites. L'acide butyrique ou butyrate, appartenant à la famille des acides gras à courte chaîne fabriqués par nos "bonnes" bactéries, agit de façon inverse, en inhibant l'activité de certaines histone-désacétylases.

   Bien qu'elles aient été découvertes il y a seulement une dizaine d'années, l'étude des sirtuines est devenue l'un des domaines prometteurs de la biologie médicale, car elles semblent être impliqués dans la promotion du vieillissement en bonne santé et de la longévité. La suppression de cette activité clé de protection de l'hôte est considérée comme une caractéristique centrale dans la maladie d'Alzheimer, puisqu'on a montré que la réduction de la consommation de glycotoxines prévenait la maladie d'Alzheimer.

   Les autopsies des victimes de la maladie d'Alzheimer révèlent que la perte de l'activité des sirtuines est étroitement associée à l'accumulation des plaques et des enchevêtrements moléculaires dans le cerveau, phénomènes caractéristiques de la maladie d'Alzheimer. Les sirtuines semblent activer des voies qui empêchent la formation des plaques et des protéines d'enchevêtrement. Puisqu'une diminution de l'activité des sirtuines peut avoir des effets délétères sur la santé des cellules nerveuses, les chercheurs tentent de trouver des médicaments augmentant l'activité des sirtuines. Mais pourquoi ne pas simplement empêcher la formation des plaques en premier lieu?

   Les glycotoxines, également connues sous le nom de produits de glycation avancés ou AGE, issues de notre alimentation suppriment l'activité des sirtuines. Notre régime alimentaire moderne comprend trop d'AGE, ce qui peut être neurotoxique. Des niveaux élevés de glycotoxines dans le sang peuvent prédire un déclin cognitif avec le temps.

   Si vous mesurez les taux urinaires de glycotoxines, reflet des AGE circulants chez les adultes plus âgés, ce sont les individus ayant les taux les plus élevés qui souffrent des plus grands déclins cognitifs au cours des neuf années suivantes.

    A mesure que nous vieillissons, notre cerveau se rétrécit littéralement. Entre 60 et 70 ans, nous perdons en moyenne cinq centimètres cubes de volume total de tissu cérébral chaque année, mais certaines personnes perdent plus que d'autres. L'atrophie cérébrale est réduite chez les individus très en bonne santé, et quelques personnes ne perdent aucun volume de cerveau. Normalement, nous perdons environ 2% du volume du cerveau chaque année, mais c'est juste une moyenne. Bien que la perte moyenne de cerveau pour les gens de 70 à 80 ans est de 2,1%, certains ont perdu plus, certains ont perdu moins, et certains hommes ou femmes n'ont rien perdu du tout sur une période d'étude de quatre ans.

   Les chercheurs australiens ont fourni la première preuve reliant les AGE à ce type de perte cérébrale. Ainsi, limiter la consommation de ces composés peut finir par montrer des avantages significatifs en la santé publique.

   Puisque la chute d'activité des sirtuines est à la fois évitable et réversible par la réduction de la consommation alimentaire d'AGE, une stratégie thérapeutique simple consiste à manger moins de glycotoxines et peut offrir une nouvelle stratégie pour lutter contre l'épidémie de la maladie d'Alzheimer.

   Certaines glycotoxines sont produites en interne, en particulier chez les diabétiques, mais n'importe qui peut en obtenir en fumant et en mangeant, en particulier des aliments riches en matières grasses et en protéines cuites à haute température.

   549 aliments ont été testés : noix, noisettes, graines, huiles, poulet, bœuf, porc, poisson, fromage, soja, pains, céréales, végétaux, crackers, gâteaux, fruits, produits laitiers, jus, big macs, houmous, burgers végétariens, soupes, condiments, lait maternel, bières, café, coca-cola, etc. On a répertorié 15 aliments parmi les plus contaminés en glycotoxines ; ce sont surtout le poulet, mais aussi le porc, le bœuf et le poisson qui en contiennent, ce qui peut expliquer pourquoi ceux qui consomment le plus de viande ont trois fois plus de risques de glisser vers la démence que les végétariens de longue date.

   La méthode de cuisson joue aussi un rôle, puisque la cuisson est connue pour générer des AGE nouveaux, en plus des glycotoxines naturellement présentes dans les aliments crus issus d'animaux : le poulet bouilli est plus sain que le poulet rôti. Il en est de même pour les végétaux, bien que ceux-ci contiennent une quantité assez négligeable d'AGE. Mais tout de même, les pommes cuites contiennent 3 fois plus de glycotoxines que les pommes crues, par exemple.

   Pour de plus amples informations, consultez donc le chapitre de synthèse sur les AGE dans mon tome 4, "Lumières intestines".