Accueil > Détoxication > Généralités
 

Détoxication 

    Voyons à présent comment se débarrasser des toxiques présents dans le corps. Cette fonction, très grande consommatrice d'énergie pour nous, est une préoccupation constante de l'organisme. Imaginez un peu... Nous mangeons des aliments (plus ou moins adaptés à l'Homme nous l'avons vu) , nous ingérons des substances créées par les industries, nous avalons des médicaments, nous consommons des toxiques divers plusieurs fois par jour...

Un organe est particulièrement actif pour nous épurer: notre foie. Dans ce foie sont concentrés tous les systèmes de détoxification. C'est une belle machinerie fonctionnant plus ou moins tranquillement selon les jours... et selon nos ingestions diverses (tabac, pilule, produits fumés, barbecue, médicaments, dioxine, diésel...) Ce qui doit être éliminé sera ensuite déversé dans la bile donc dans l'intestin, ou bien refluer vers le sang pour être repris par les reins.

    Comment cela marche t'il ? Cette fonction essentielle se déroule en 2 phases successives et équilibrées. La première phase va préparer l’élimination. Une substance à éliminer (hormone, médicament...) est transformée en une molécule intermédiaire plus hydrophile que la molécule originelle. Au cours de cette réaction, essentiellement de type oxydatif et assurée par les enzymes cytochromes P 450, des radicaux libres instables oxygénés sont générés (molécules instables dangereuses responsables de dommages cellulaires). Les anti oxydants vont alors entrer en scène et détruire ces composés délétères. Tout est prévu heureusement ! Nous verrons plus loin l'intérêt de ce point important. 

La substance intermédiaire obtenue est alors couplée par des enzymes à des transporteurs permettant sa solubilisation dans la bile, réalisant alors la phase 2 de la détoxification (dite phase de conjugaison). 

    Si le foie est l'organe majeur de la détoxification (entre autres fonctions), on s'est aperçu que d'autres tissus pouvaient effectuer la même fonction. L'intestin par exemple épure aussi l'organisme avant même que des molécules étrangères aient pu entrer et se retrouver dans le foie ! C'est en somme une pré-détoxification, extérieure à nous ! Cet aspect conditionne en partie l'activité médicamenteuse chez un sujet donné. Bien des substances sont inactivées avant d'entrer dans le corps, d'autres au contraire sont rendues plus actives par la détoxification !

    Ce phénomène rend compte des variabilités individuelles d'efficacité de médicaments (ce n'est toutefois pas le seul mécanisme). L'intestin grêle représente une véritable barrière contre l'absorption des médicaments et autres xénobiotiques en amont du foie, à condition que l'intégrité des cellules intestinales soit respectée.

    Ensuite, il y a nécessité d’équilibre entre les 2 phases de détoxication : si la phase 1 devient prépondérante sur la suivante, il y a production accrue de radicaux libres, et ceux-ci vont être pris en charge par les systèmes anti-radicalaires (vitamine C, vitamine E, superoxyde dismutase, catalases, glutathion, taurine, etc. A terme, l’épuisement progressif des réserves anti-oxydantes libérera tout le potentiel dangereux radicalaire et des lésions tissulaires apparaîtront. Il est donc nécessaire que la phase des conjugaisons suive en totale adéquation la phase d'oxydation.

Il est d’extrême importance que les 2 familles d’enzymes soient hautement inductibles dans divers tissus (peau, reins, poumons) et que leur activité puisse être régulée par une large variété d’agents chimiques, parmi lesquels les aliments sont spécialement importants. Les systèmes de protection contre les radicaux libres, sont TOUS d’origine nutritionnelle. Manger, c'est prendre part active dans sa propreté intérieure ! Manger, c'est induire la fabrication d'enzymes de détoxification de ce que l'on mange ! 

    Prenons un exemple. Vous êtes invités à une partie de barbecue, et vous buvez l'apéro. Les molécules noires de la viande trop cuite (induisant des cancers) vont faire fabriquer rapidement un surplus de cytochromes P 450 dans votre foie en vue d'éliminer leur toxicité potentielle. Mais en passant vous allez à peu près correctement vous détoxiquer de l'alcool (question de dose quand même !) car lui aussi va passer dans les bras musclés des cytochromes. En somme, peu de risque de PV en reprenant la route ! Mais...

    Mais si vous prenez un punch avec du jus de pamplemousse, patatras ! Le pamplemousse inhibe l'activité des cytochromes, et donc vous métabolisez mal l'alcool ! Quelques points en moins sur votre permis de conduire éventuellement... mais que cela ne serve pas d'alibi pour ne plus consommer de pamplemousse !


    Ainsi, on le voit indirectement à travers l'anecdote précédente, le développement de la malignité (cancérisation), lorsqu’une cellule est exposée à un carcinogène potentiel, est fortement déterminé par l’équilibre entre les activités de phase 1 et de phase 2. La détoxication participe donc à part entière au maintien de l’intégrité des structures de l’individu en association avec le système immunitaire.

    Comment améliorer sa détoxication ? D'abord ne pas surcharger l'organisme, en évitant trop de produits raffinés (biscuiterie, plats tout prêts, confiseries, succédanés...) Et en consommant un maximum de produits frais, naturels, et non issus de l'industrie. Ensuite, manger une bonne ration journalière de fruits et légumes COLORES : la couleur d'un végétal renseigne sur sa teneur en anti-oxydants. Préférez les tomates, abricots, carottes, haricots verts, mangues, épinards, fruits rouges... aux endives et salsifis (qui ont aussi leur utilité) La moitié de l'assiette doit être pleine de légumes frais. Soit 400 g de légumes environ. Associez au moins 3 légumes (3 couleurs) pour diversifier les sources d'anti-oxydants: en effet ceux-ci agissent très efficacement ensemble et beaucoup moins pris isolément. Enfin, pensez à manger des crudités, la cuisson dénature beaucoup d'anti-oxydants.