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Efficacité du concept du carré d'as.

 

   S'il est une association exemplaire en termes de nutrithérapie, c'est bien celle-là. Étude trop succinte d'une logique implacable en prévention et en curatif.

 

   Il est essentiel que l'organisme puisse disposer d'un ensemble de molécules nécessaires et indispensables à son fonctionnement. Ces compléments touchent généralement des micronutriments. Dans l'alimentation, on considère 2 parties : d'une part les macronutriments (protéines, lipides, hydrates de carbone), et les micronutriments : ce sont des substances devant être apportées en petite quantité mais qui sont néanmoins indispensables. Leur déficit, leur carence crée une situation qui va déséquilibrer le fonctionnement de l'organisme, et créer un terrain favorable aux maladies, par exemple celui du cancer.

   Il est donc à mon sens capital de vérifier chez une personne, soit en prévention, soit au cours de maladie, s'il existe des anomalies de cet ordre et de les compenser. Il est aisé de comprendre que cette nécessité devient de plus en plus impérieuse avec l'avancée en âge : et ce d'autant que l'espérance de vie s'est fortement accrue, même si l'on commence à deviner de ci delà quelques signes de stagnation.

   Certains objectent encore que l'alimentation apporte de tout un peu et en quantité suffisante si cette alimentation est correcte au regard des standards scientifiques. En recherche scientifique, l'on a besoin de beaucoup d'années d'observation avant de tirer des conclusions. Par exemple, les premières expérimentations réalisées sur les rapports entre alimentation et cancer ont consisté à observer des populations qui s'alimentent différemment (par exemple les fameux Crétois dont on parle beaucoup, soit les méditerranéens de façon plus générale), et qui présentent moins de cancer ou de maladies cardiovasculaires. Souvenons nous également de populations du Japon ou des Inuit. Les bénéfices observés touchent en général un ou deux secteurs de maladies plus particulièrement. On a donc recherché quels étaient les produits alimentaires qui conféraient cette protection, et c'est à ce moment là que l'on est "tombé" sur les vitamines, les minéraux, les oligo-éléments, etc. bref, sur les micronutriments.

  Donc, il y a une bonne trentaine d'années, on s'est beaucoup excité sur ces constituants, et l'on a pensé que si on avait une protection, il suffisait de mettre ces ingrédients dans des petites pilules de compléments alimentaires et hop le tour serait joué, les carences seraient compensées et les situations compromises seraient corrigées.

   Puis petit à petit des études d'intervention (dites de supplémentation ou de complémentation) ont vu le jour depuis une vingtaine d'années, portant sur de grands nombres de personnes (jusque 100.000 environ), où l'on a travaillé en double aveugle (ni le prescripteur ni la personne ne savent s'ils ont affaire à un placebo) sur un certain nombre d'années.

   Il s'en est suivi un certain nombre de bonnes et de mauvaises surprises ; par exemple l'étude SU.VI.MAX française (8 ans, 13.017 personnes) a montré une diminution de 30 % des cancers dans le groupe traité par rapport au groupe placebo, mais que le bénéfice n'en revenait que pour les hommes et n'était pas observé chez les femmes; la raison principale en est que les femmes font beaucoup plus attention à leur nourriture que les hommes… n'est-ce pas ?  Les hommes sont en effet beaucoup plus carencés (antioxydants, vitamines, etc.) que les femmes, toutes les études le montrent !

   Mais des mauvaises surprises peuvent aussi apparaître en cas de trop fortes doses ou en cas d'associations malheureuses. Encore faut-il bien regarder de près la méthodologie employée, ce qui en définitive est très peu fait. On préfère s'intéresser à la conclusion "tape à l'œil" et laisser de côté les biais qui pourtant malheureusement invalident l'étude. Disons que là on touche à l'orgueil et au scientisme, et il faut savoir raison garder pour s'éloigner des émotions médiatiques ainsi suscitées qui masquent la vérité ou un aspect de celle-ci. Disons en fait que la prudence, ou du moins de la circonspection sur les résultats, avec ces études, doivent être la règle. Il est certes des études indubitables où les faits sont tellement criants qu'on ne peut pas "passer à côté", mais c'est rare. Souvenons nous de la trop fameuse étude américaine d'il y a 2 ans et demi et qui voulait nous faire croire que manger 1 œuf par jour était plus toxique de de fumer... étude bidon du lobby du tabac, mais reprise en chœur par tous les "journalistes"...

   Alors, compléments nutritionnels, oui, mais à dose nutritionnelle (et non pharmacologique) et correspondant à la population. On rejette les mégadoses, les combinaisons non testées, les automédications.

   En somme, les risques sont là si la supplémentation se fait à l'aveugle, en automédication, ou est préconisée par des gens qui n'y connaissent pas grand chose. Il faut en effet bien comprendre que les micronutriments vont agir directement au cœur des cellules sur des mécanismes bien précis, assez souvent compliqués dont il convient absolument de bien les connaître, ce qui nécessite une solide formation en sciences de la cellule (biochimie, physiologie, chronobiologie, etc.) Les phénomènes étant de surcroît intriqués, il faut étudier les régulations hormonales, immunitaires, voire neurologiques – pour le cas de l'axe neuro-intestin-microbiote.

   C'est à dire qu'un bon nutritionniste, à mes yeux, ça ne court pas les rues. Il y a des charlatans dans tous les domaines. Les personnes consultées doivent pouvoir (et savoir) utiliser des bilans personnalisés nutritionnels ; mais aussi et c'est là une vraie limite de compétence à mon avis, à savoir mettre en relation un bilan biologique avec l'état clinique et les signes du patient. On peut ainsi efficacement construire la compréhension de la physiopathologie du sujet, et surtout, bien entendu, il ne faut pas se contenter de la première lecture d'un bilan nutritionnel pour simplement prescrire ce qui est en "déficit" : c'est bien plus compliqué que cela. A mon sens et par expérience, il faut au moins un heure de consultation lorsque l'on veut "faire" de la nutrition. C'est une médecine (la première disent les anciens – dont je suis !) qui ne fait pas du soin de symptôme à 23 € le 1/4 d'heure.

   Certaines études montrent qu'il y a augmentation du risque de cancer, c'est le cas de la vitamine E ou du sélénium. En cas de carence en vitamine E, le risque de cancer de la prostate est multiplié à peu près par 5. La supplémentation en vitamine E normalise ce risque. Mais si on en donne des mégadoses, on augmente le risque de cancer. Attention, pas de panique quand même. Tout ça ne se fait pas en quelques heures ni en quelques jours, et il faut vraiment de très fortes doses pendant en général plusieurs années, ce qui en pratique ne se rencontre que très peu : dans la population vivant au fil des jours, on ne suit pas un protocole d'essai à mégadoses, ça n'a rien à voir. Sachons simplement en trier l'information générale : compenser les carences avérées et bien sûr vérifier que le but est atteint. C'est le premier niveau de la nutrithérapie.

   Autrement dit, il faut que la prescription de compléments nutritionnels reste quand même dans les mains de gens compétents, car beaucoup de subtilités entrent en ligne de compte avec le temps. Bon, évidemment, tous les risques ne sont pas au même niveau, et on ne connaît personne qui est mort d'une overdose de magnésium : d'où la nécessité d'une excellente formation pluridisciplinaire. En revanche, 30.000 personnes par an en France meurent d'une complication médicamenteuse : alors messieurs et mesdames les "anti" compléments alimentaires, circulez à tout jamais.

   Il est évident que certaines précautions doivent être formulées au niveau des autorités de santé envers les populations. Mais il existe une loi fondamentale : le risque global d'un groupe de personnes envers un événement n'a rien à voir avec le risque individuel d'une personne tirée au hasard dans ce groupe. On donne des directives aux populations mais le nutritionniste ne s'occupe que d'un individu donné. Cette personne là n'est pas un avatar statistique ! Ce qui laisse toute liberté et toute puissance au colloque singulier… et donc ne pas envisager un individu "augmenté" par ses pilules systématiques journalières comme futur humain 2.0 !

   La première chose à faire est de rectifier l'alimentation. Malheureusement, la norme actuelle, c'est l'inverse : uniformisation, ultra-raffinage, appauvrissement par les procédés de fabrication, création "d'entités surimiques" plus que bizarroïdes et j'en passe.... De plus et il faut que ça rentre dans les têtes à la fin, les appauvrissements en humus des sols ont fait chuter dramatiquement les compositions en nutriments (données scientifiques contrôlées et publiées par les autorités de santé, ministère, DGCCRF, INRA, ANSES) de telle sorte que la teneur des aliments a chuté de 60 % en 50 ans… donc l'apport nutritionnel chute en rapport, tiens donc. D'autre part, des fruits et légumes non cueillis à maturation (immense cas général…) sont très appauvris. Dans ces conditions, et devant une bien faible diversité alimentaire (l'étude Val de Marne a bien montré que la population ne mangeait pas plus de 20 aliments différents en une semaine…) le constat est terrible : l'alimentation est de moins en moins nutritive. C'est ici que prend toute sa valeur l'utilisation de compléments alimentaires.

   Sans évidemment en faire le détail, il existe une réflexion générale basée sur les constats scientifiques : notre société évolue sur un mode inflammatoire. Or c'est l'inflammation qui est le plus grand et le plus silencieux tueur biologique de la planète Terre. Il est donc licite d'utiliser une riposte nutritionnelle (non polluante en terme de pharmacopée) adaptée, s'opposant à l'inflammation. C'est le concept du carré d'as : 4 secteurs d'ingrédients, synergiques. On va retrouver les acides gras, le microbiote, les antioxydants et le domaine touchant plus précisément l'intestin, l'hyperperméabilité.

Les antioxydants.

 C'est en 1956 que Denham Harman, chercheur américain, émet l'hypothèse que le vieillissement est en partie du à une accumulation de dommages cellulaires et moléculaires provoqués par les espèces réactives de l'oxygène. Le rôle délétère de ces dernières a ensuite été impliqué dans de nombreuses maladies chroniques plus ou moins fortement inflammatoires. A la suite de nombreuses et fructueuses recherches dans ce domaine, il apparaît que les espèces réactives de l'oxygène (mais aussi de l'azote) interviennent dans de nombreux processus physiologiques. Le domaine des radicaux libres inclut donc une dimension protectrice. C'est sa régulation qui nous importe alors, pas seulement l'idée de le combattre. L'antioxydant est le composé qui va s'oxyder plus vite que la structure à protéger, et en général détruit le radical libre, stoppant ainsi la cascade de réactions ; l'antioxydant est généralement une molécule assez stable.

   Les antioxydants comprennent un grand nombre de molécules végétales (en grande majorité). Non énergétiques, ces composés protègent nos structures, c'est à dire les protéines, les lipides, les sucres, l'ADN, de l'oxydation excessive par l'oxygène mais aussi le chlore (l'eau du robinet…) On retrouve des antioxydants solubles dans les lipides (acide alpha lipoïque, vitamine E, coenzyme Q10), et qui vont donc protéger les structures lipidiques (acides gras, cholestérol), et ceux qui sont hydrosolubles (vitamine C). Les antioxydants se recyclent entre eux et agissent en synergie.

  L'action des antioxydants stricto sensu est renforcée par des complexes enzymatiques tels la SOD ou le système glutathion. Ces enzymes fonctionnent grâce à des oligoéléments tels le zinc, le cuivre, le manganèse, le magnésium, le sélénium, voire l'iode et le soufre. L'apport de ces minéraux est donc essentiel, ils servent à presque tout, presque partout, et tout le temps. La meilleure solution de complémentation c'est d'associer plusieurs antioxydants majeurs. Ceci permet de baisser les doses tout en obtenant un meilleur résultat. Toute situation inflammatoire (patente ou biologique) peut bénéficier d'un tel apport. La consommation d'eau de mer en petite quantité me semble extrêmement intelligente à cet égard.

Les oméga 3

   Parents pauvrissimes de l'alimentation moderne, les malheureux oméga 3 anti-inflammatoires - à tout le moins, sont submergés par les oméga 6, les acides gras saturés et les acides gras trans (cuissons), notamment retrouvés dans tous les produits industriels. Le rapport optimal acides gras polyinsaturés oméga 6/oméga 3 devrait être de 1/1. Il est actuellement compris entre 15 et 30 dans notre société ! C'est dire l'énormité du problème. Les oméga 3 étant impliqués dans les maladies cardiovasculaires, la coagulation, le diabète, l'obésité, les cancers, l'ostéoporose, l'immunité (pour ne citer que le top du hit parade), on comprend qu'il faille impérativement rétablir l'équilibre.


   Ce qui se fera avec une cuillère à soupe d'huile d'olive (pas de l'italienne à 4 € le litre, please) + au mieux 1 cuillère à café d'huile de lin / chanvre / cameline – alterner –tous les jours, avec la prise concomitante d'huiles de poisson (EPA et DHA). Ces acides gras vont de surcroît améliorer la présence des probiotiques dans la muqueuse intestinale. Cerise sur le gâteau, puisque vous prenez des antioxydants, vous protégez ainsi mieux les huiles et oméga 3 divers. Membranes fluides, échanges améliorés, bonne rétine, bon cerveau, bon cœur et bonnes artères… regardez autour de vous : est-ce le reflet de la société ?

Les probiotiques.

   On dira ce que l'on voudra, malgré quelques objections secondaires, l'utilisation des probiotiques (certaines bactéries intestinales) représente un atout majeur en thérapeutique nutritionnelle préventive ou curative. Les effets positifs de ces petites bêtes dans notre corps sont légion. Et dans tous les domaines : immunité, circulation sanguine, détoxication, digestion, synthèse de composés essentiels – vitamines par exemple – mais aussi humeur, stress et comportement… De fait, on est encore beaucoup trop timoré devant l'usage des probiotiques. Les effets sont dose dépendant. On ne connaît pas de toxicité. On s'aperçoit même que s'ils sont tués, ils sont quand même efficaces ! n'importe quelle souche ne vaut pas forcément une autre, ce sont des subtilités de nutritionniste ! Mais disons que vous ne courez pas de danger à vous en procurer. Choisissez une grande marque connue en pharmacie, associant au moins 5 souches, et à une dose d'au moins 3  CFU (colony forming unit) par jour. Certains vous diront prenez des prébiotiques, vous savez ces fibres qui nourrissent les bactéries de fermentation, les bactéries lactiques... On étudie en effet les propriétés des prébiotiques et on découvre pas mal de choses. Mais revenons à notre Dame Nature, qui nous fournit par exemple les prunes pruneaux et autres figues... ça fonctionne pareil !

   Exemple en ce moment : la grippe ou quelque chose qui y ressemble comme une bonne rhinopharyngite : Maxiflore : 10 par jour (vous avez bien lu) + huiles essentielles tea tree et ravinsaire 6 prises par exemple, et hop au lit 24 heures sans manger. Vous m'en direz des nouvelles. Ne vous précipitez pas dans les bras accueillants des rayons hypertrophiques "douleur et fièvre" des pharmaciens. Le lendemain vous êtes guéri. On peut dans le même registre prendre en sus 8 grammes de GLA/DGLA (acides gras polyinsaturés oméga 6) sur la journée. Ça va coûter un peu plus cher, mais c'est infiniment plus intelligent et utile que le paracétamol du genol (pour ne pas dire paracétamou du genou).

Les protecteurs intestinaux.

   Non, la protection de l'intestin, ce n'est pas l'épaisseur de l'édredon graisseux non halal ni kacher qu'on y met dessus. C'est une association de molécules utiles à l'intestin, soit pour le protéger en raison de la prise de médicaments agressifs, de mauvaise alimentation, d'excès de gluten (eh oui) ou de situation où l'on est en présence d'hyperperméabilité (diabète, constipation, médicaments divers dont les IPP, anti acides) etc. Essentiellement on va retrouver des antioxydants, des vitamines, quelques oligoéléments, de la glutamine… il existe peu de préparations correctes à mon goût mais elles existent, en pharmacie ou mieux chez quelques laboratoires étrangers. Tout ne se vaut pas dans ce domaine, bien loin de là.

Le joker : le curcumin

   En effet, le curcumin est un puissant anti-inflammatoire. Le curcumin alimentaire ne contient que 3 % de curcumine base en général, c'est intéressant quand même, et elle est très rapidement absorbée par les entérocytes, mais "hélas" la curcumine est dégradée en 15 minutes. L'effet est retardé 20 fois si on la couple avec de la pipérine (issue du poivre). Dans ce cas, la dégradation intestinale est fortement ralentie : l'effet anti-inflammatoire est prononcé. La curcumine s'oppose au maître de la guerre inflammatoire ; j'ai nommé le NF-KB (kappa). Cette molécule met terriblement le feu aux poudres inflammatoires. La curcumine bloque complètement l'effet du NF-KB. Lorsque l'on atteint des doses de 3 à 5 grammes de curcumine par jour, celle-ci peut alors entrer dans l'organisme et y exercer toute sa puissance anti-inflammatoire, notamment en cas de cancer. Un nombre important d'études est réalisé dans cette situation, et il est recommandé d'adjoindre de la curcumine en adjuvant d'un traitement anticancéreux quel qu'il soit à priori. Les cancérologues Jean Loup Mouysset à Aix en Provence, et Michel Lallemant à Nice utilisent le curcumin conjointement (selon mes dernières informations).

   Objection: le curcumin contient beaucoup de polyamines, qu'il faut éviter dans le cancer. Le choix sera fait en toute connaissance de cause par un bon professionnel, pas par vous ! Mais jusqu'à preuve du contraire un complément ne contenant que de la curcumine ne contiendrait pas de polyamines : c'est le curcumin entier qui en contient.



   Toutes les combinaisons sont possibles, et je ne vous conseille pas de les faire vous même. Si l'on n'a pas d'effet secondaire à redouter, on risque d'être redondant ou inutile ou inadapté, ou de dépenser trop…  Mais ce qui est sûr, c'est que ce carré d'as, modulé selon chaque cas, tient ses promesses bien au delà qu'attendu théoriquement, je veux dire dans des véritables maladies chroniques inflammatoires et auto-immunes, ou infectieuses ou comme les syndromes immunodéficitaires. Rendez vous par exemple dans le tome 2 de la collection "l'intestin carrefour de mon destin" sur le site.


   Et si l'on ajoute une bonne rectification alimentaire, en particulier diminuer fortement la charge de gluten, cette nutrithérapie laisse rêveur bien des traitements pharmacologiques… car de surcroît elle s'adapte à toute situation inflammatoire, qu'elle soit cutanée, articulaire, musculaire, digestive, pulmonaire, ou autre, évidemment !