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Obésité ou Globésité ?

   OK, c'est entendu, nous vivons dans un environnement soi-disant obésogène, daté aux environs des années 80, avec une nourriture d'ersatz, de mauvaise qualité, dite évidemment à bas prix – ce qui est toutefois très relatif : un big mac ne coûte que… 3 à 10 centimes d'euro à fabriquer, faites le compte - merci en partie aux subsides venus du complexe industriel agro-alimentaire qui fourgue ses aliments obésogènes tout en favorisant l'addiction. L'abondance de documentaires révélés sur les réseaux sociaux affirme la malbouffe mondiale, il faudrait être niais pour ne pas le savoir maintenant.

  Les politiques gouvernementales flirtant – et le mot est très indigent – avec l'industrie alimentaire, les causes profondes (lois de dérégulation des marchés, recommandations diverses envers la vile populace néo-trumpiste qui doit absolument consommer pour accélérer la croissance – mais la croissance de quoi ? pas la vôtre en tous cas) font qu'il est difficile à priori d'échapper à l'obésité.

  Voilà d'ailleurs pourquoi l'activité physique est recommandée ; elle est recommandée parce qu'on mange mal et trop, là est la vraie cause, loin devant la perte d'activité physique. Moi qui passe 12 heures par jour, et souvent davantage, devant mon ordinateur, pourquoi devrais-je faire 3 repas + 2 collations comme préconisé par des Cymès ou des Cohen ou autres de tout poil financièrement corrects ? Conclusion, je ne mange que lorsque je ressens la faim (pas le désir de manger) et il se trouve que je n'ai besoin que d'un seul repas par jour. Et parfois pas du tout. Je fais bien la différence entre envie et besoin. Mais je ne mange pas n'importe quoi : c'est moi qui fais la cuisine à partir d'ingrédients simples, nature, à l'unité. Aucun produit tout prêt. La nourriture addictive, je ne connais pas, c'est un choix.

  Une de mes connaissances est asiatique vivant en France depuis un bon 40 ans. De la tête à la taille, ça va encore. En dessous de la ceinture et jusqu'aux pieds, je m'abstiendrai de la description. Elle adore les pâtisseries pleines de crème fraîche et de chantilly, son travail est sédentaire. Avez vous déjà en toute honnêteté comparé la richesse gustative d'une salade de fruits agrémentée d'aromates et d'épices par rapport à une pâtisserie ? Ben voilà !!

  Mais revenons à notre sujet.

  Regardons de plus près, une partie de la population ne tombe pas dans l'obésité quand même, elle ne grossit pas. Quel manque à gagner ! Si c'était juste l'environnement externe qui était en cause, pourquoi donc chacun n'est-il pas obèse ?

  Des individus semblent plus susceptibles que d'autres. Ce qui suggère un composant génétique, appuyé par les études portant sur des jumeaux et des enfants adoptés. Mais les gènes qui ont été identifiés ne comptent probablement pas pour plus de 6 à 11 % dans la variation de l'index de masse corporelle entre les individus. La prise d'antibiotiques dans l'enfance reflète déjà bien mieux le risque de prise de poids à l'adolescence… Aussi, les variations de notre métagénome (le génome du microbiote intestinal) joue aussi un grand rôle. Nous hébergeons à peu près 100 fois plus de gènes bactériens intestinaux que nos propres gènes internes. Bonne nouvelle, on ne doit pas être assez futés, la bactérie vient à la rescousse.

  Ce que trouve une étude parmi d'autres, c'est que la population tend à tomber dans 2 groupes : celui qui possède un microbiote intestinal riche en divers types bactériens, et celui qui en est relativement dépourvu. Ainsi, les individus pauvres en bactéries renferment davantage de graisses totales dans le corps, montrent davantage d'insulinorésistance (diabète de type 2), des taux plus élevés en triglycérides, et en marqueurs de l'inflammation – comme la Crp ultrasensible - en comparaison des individus ayant un microbiote riche. Et non seulement les gens à pauvreté bactérienne se mettent à peser plus, mais les obèses pauvres en microbiote (ce qui est de fait la règle) gagnent également plus de poids avec le temps.

  La question qui vient : une intervention alimentaire aurait-elle un quelconque impact ? On a essayé une restriction calorique, ce qui par définition n'est pas vraiment durable et c'est plus compliqué que ça. Pourtant, ce que nous pouvons faire, c'est augmenter notre apport en fruits et légumes, ce qui est associé à une plus grande richesse des microbiotes. De nombreuses études ont associé l'accroissement de la richesse du microbiote à une consommation accrue de fruits, légumes et fibres. C'est devenu une évidence triviale.

  Maintenant, la seule supplémentation en fibres (inuline, amidons résistants, FOS, GOS) ne semble pas augmenter la richesse bactérienne du microbiote. Et pan dans les mono-prébiotiques commerciaux ! Car la complexité de la composition biochimique des aliments complets peut soutenir un plus large spectre de bactéries, ce qui aboutit à augmenter la diversité. Pourtant, les études humaines investiguant les effets d'une alimentation complète ont été négligées – jusqu'à présent.

  Les gens qui consomment de l'orge complet, du riz complet, ou les 2, pendant un mois, voient leur diversité bactérienne augmenter. De ce fait, ils avalent une large gamme de substrats qui accroit la diversité, et ceci peut être facilement obtenu en consommant des plantes complètes dans la population générale.

  Les modifications du microbiote intestinal coïncident avec une chute des marqueurs systémiques de l'inflammation. On avait l'habitude de penser que la façon dont les fibres des graines entières nous aidaient, était de se gélifier dans notre intestin tout de suite après l'estomac, ralentissant alors le taux d'absorption des sucres, et de ce fait émoussant le pic de glycémie que l'on obtient par l'absorption de sucres raffinés.

  Or aujourd'hui nous savons que les fibres sont détruites dans le colon par nos bactéries amies, ce qui libère toutes sortes de substances bénéfiques entrant dans le sang et qui montrent des effets anti-inflammatoires. Ainsi, ce qui se passe dans le colon peut expliquer les effets protecteurs des graines complètes envers le diabète de type 2.

  Et de façon intéressante, la combinaison du riz complet avec l'orge complet marche mieux que chacun consommé seul, ce qui atteste d'un effet synergique. Ce qui peut aussi expliquer les discordances des effets bénéfiques sur la santé obtenus dans les études interventionnelles utilisant des graines complètes.

  Parmi à peu près tous les traitements aboutissant à des améliorations métaboliques et immunologiques (spécialement chez les femelles), c'est la combinaison de plusieurs graines complètes qui génère le plus de bénéfices.

  Les études interventionnelles montrent clairement que ceux qui consomment 3 portions (environ 200 g, les portions alimentaires étasuniennes étant le double des portions françaises) de graines complètes ont un moindre index de masse corporelle, moins de gros ventre, et moins de tendance à prendre du poids. Mais des études plus récentes où vous, comme les gens tirés au sorts, mangez du pain blanc, versus pain complet, ne mettent pas en évidence un effet bénéfique sur le poids corporel.

  Bien sûr, les graines complètes sont nutritionnellement supérieures et doivent continuer à être encouragées. Car les études interventionnelles ne montrant pas de bénéfice sur la prise de poids se focalisent sur une sélection réduite de graines complètes, alors que dans la population générale, les gens consomment dans un panel plus large de graines complètes, ce qui démontre l'activité synergique.

  A propos d'orge, et plus particulièrement d'orge germé et de jeunes pousses d'orge, il existe dans cette plante un antioxydant majestueux confiné à la confidentialité : le 2-GIV (2-glycosyl-iso-vitexine). C'est un antioxydant puissant qui montre des capacités antioxydantes 200 fois plus fortes que celles de la vitamine E… et surtout vis-à-vis du radical hydroxyle, le plus agressif pour nous.

  Enfin, il est évident que la consommation de végétaux complets assure aussi la consommation de produits phytosanitaires (complets eux-aussi !) envers qui la communauté scientifique demeure très frileuse (et/ou confidentielle) en termes de communication. Une utilisation nutritionnelle intelligente nécessite donc normalement des graines issues de l'agriculture biologique…

  Évidemment, c'est plus cher. Mais comme le diabète c'est encore plus cher pour tout le monde, à commencer par vous, et aussi en termes de qualité de vie, mieux vaut diminuer les dépenses alimentaires "addictives" pour se faire doublement plaisir : des aliments bio au bien meilleur goût, et au bien meilleur potentiel santé préventif mais aussi dans une certaine mesure, curatif.

  Car pour vous éviter de crouler davantage sous le bombardement médico-pharmaceutique qui vous démolit le cerveau en répétant à chaque minute que "c'est chronique, c'est à vie, c'est "inguérissable" – on oublie de dire inguérissable par les médicaments, ben tiens - il vaut mieux en toute intelligence primaire… éviter de tomber malade !

  Ce qui encourage fortement, mais pour d'autres raisons – pécuniaires celles-là – les assurances et autres banques déguisées en mutuelles, à promouvoir une saine alimentation : l'idéal étant de vous faire manger proprement, tout en vous agitant la peur de tomber malade – vieux réflexe de peur - et le spectre des dépenses de maladie… bien joué ! Ainsi vous payez pour des maladies que vous n'aurez pas (Knok, souvenez-vous). Mais c'est vous qui dictez ce comportement, parce que changer d'alimentation, hein, encore un embêtement de plus…! Donc, connectez vous à tout ce qui se présente : montres, Tee-shirts, bracelets, appli smartphone, etc. Vous serez pieds et poings liés grâce à votre absence de discernement. Donc esclaves des autres qui vous tiennent par le porte-monnaie (pardon le porte carte bleue) !

  Et au pire, il vaut mieux encore manger des végétaux même pas bio… Pour le coût d'un kébab ou d'un big mac (et je ne parle même pas du prix de revient d'une pizza ou d'un sandwich) vous avez amplement à manger pour 2 jours en confectionnant une simple ratatouille ou une garbure – même et surtout – sans produit carné… et d'une palatabilité inégalable !

  Dernière cerise colorée artificiellement, il faut bien hélas se rappeler quand même qu'officiellement la teneur en nutriments des aliments a chuté de 50 % en 60 ans… Pousser des plantes hors-sol réduit tout : le coût, la main d'œuvre, la qualité, le plaisir de manger. Malgré tout ce que l'on vous dit en termes bien arrangés (voir la fameuse tomate de Marmande hors sol, le must de la Tomate T majuscule), pousser un légume ou un fruit dans une gouttière-tunnel sous perfusion ne vaudra jamais (toutes preuves à l'appui) un végétal poussé dans de la bonne vielle terre…

  Allez, on pourrait peut-être maintenant s'amuser à faire pousser une tomate dans un poivron, lui même issu d'un potiron hispanique ou français : sans pitié, c'est le règne de la GPA. Là, je laisse votre sagacité développer ce que j'ai voulu dire par l'acronyme GPA. A vos méninges !