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Aspirine et alimentation

Une suggestion qui pose question vient d'être faite récemment: de faibles quantités d'acide salicylique, le composant actif de l'aspirine, présentes naturellement dans les aliments végétaux, pourraient en partie expliquer les effets bénéfiques d'une alimentation basée sur les légumes et fruits. Plusieurs scientifiques déclarent que ceux qui ne mangent pas assez de fruits et légumes pourraient souffrir d'un déficit en acide salicylique : un aspect en rapport avec d'importantes implications dans le domaine de la santé publique. D'autres auteurs vont jusqu'à proposer une reclassification de cet acide en micronutriment essentiel, la vitamine "S" !

aspirine

Beaucoup de maladies chroniques impliquent des processus inflammatoires, notamment 3 des serials killers : maladies cardiovasculaires, cancer et accidents cérébraux. Ainsi, beaucoup de médecins prescrivent une aspirine quotidiennement pour ceux qui retirent un avantage du ratio bénéfices/risques. Environ une personne sur 10 sous aspirine journalière développe des ulcères gastriques ou intestinaux, ce qui, en de rares cas, peut perforer l'intestin et causer une hémorragie pouvant mettre la vie en danger. Le peu d'acide salicylique contenu dans les fruits (en particulier les nectarines) les légumes (en particulier les asperges) les herbes et épices (spécialement la menthe, le cumin, le thym et le paprika) pourraient fournir le meilleur compromis.

l'acide arachidonique

L'action de l'aspirine et de l'acide salicylique pour tenir en échec l'inflammation de l'organisme se fait en inhibant l'assemblage de l'enzyme responsable de la production de composés inflammatoires fabriqués à partir de l'acide arachidonique, un acide gras polyinsaturé de la famille oméga 6, que nous fabriquons (ainsi que les animaux). Cet enzyme est la cyclo-oxygénase, soit constitutive et appelée Cox 1, et la cyclo-oxygénase inductible ou Cox 2. 

Les produits fortement inflammatoires issus de l'acide arachidonique sont représentés par les prostaglandines de type II, les leucotriènes et les thromboxanes. L'acide arachidonique serait un peu comme le cholestérol, en cela que notre corps fabrique tout ce dont nous avons besoin pour mener une vie fonctionnelle optimale. Le problème est que les oiseaux et les tous les mammifères font de même, et quand nous consommons ces animaux les taux d'acide arachidonique dans le sang peuvent augmenter trop fortement.


acide arachidonique


L'acide arachidonique, acide gras polyinsaturé oméga 6, à 20 atomes de carbone et 4 doubles liaisons. Il est incrusté dans les membranes cellulaires sous forme de phospholipide et participe à leur fluidité et ainsi aux échanges cellulaires. Il est abondant dans le cerveau, les muscles et le foie. C'est aussi une molécule qui est messagère cellulaire : si les cellules en ont besoin, il sera extrait des phospholipides membranaires par l'enzyme phospholipase A2 et pourra activer plusieurs enzymes et/ou subir une dégradation en produits inflammatoires.

cascade de l'acide arachidonique

Par exemple, l'inflammation dans notre cerveau causée par l'acide arachidonique alimentaire peut expliquer pourquoi ceux qui mangent à base de plantes semblent moins stressés et déprimés, et pourquoi en éliminant le poulet, le poisson, et les œufs et la viande on peut améliorer les symptômes des troubles de l'humeur, la dépression et l'anxiété en l'espace de 2 semaines. L'acide arachidonique peut également jouer un rôle dans le cancer; l'asthme, les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI), la polyarthrite rhumatoïde et d'autres maladies auto-immunes.

modifier les taux

L'industrie des viandes tente de diminuer les taux d'acide arachidonique dans les muscles des poulets en effectuant des manipulations génétiques, tandis que l'industrie des œufs tente de diminuer le taux d'acide arachidonique chez les poules en les nourrissant de graisse de bébés phoques (matraqués à mort). Mais l'acide arachidonique des poulets et des œufs se trouve encore en excès par rapport à nos besoins.

 

aliments

contribution

d'apport (%)

contribution

cumulée (%)

Poulet et plats dérivés

26.9

26.9

Œufs et plats dérivés

17.8

44.7

Bœuf et plats dérivés

7.3

52.0

Saucisses, bacon, et côtes

6.7

58.7

Poissons et plats dérivés

5.8

64.5

Burgers

4.6

69.1

Charcuteries

3.3

72.4

Porc et plats dérivés

3.1

75.5

Plats mexicains

3.1

78.7

Pizzas

2.8

81.5

Dinde et produits dérivés

2.7

84.2

Pâtes et produits dérivés

2.3

86.5

Desserts aux céréales

2.0

88.5


En résumé, l'alimentation à base de végétaux est anti-inflammatoire car l'acide salicylique ainsi d'autres phyto-nutriments issus des plantes peuvent aider à prévenir l'hyperproduction de composés inflammatoires, mais aussi cette alimentation minimise en premier lieu la prise de précurseurs inflammatoires.