Accueil > Articles > alimentation humaine

Alimentation humaine

Génétiquement, l'Homme est toujours actuellement un chasseur-cueilleur. Il est programmé depuis 40.000 ans pour manger des fruits et légumes très variés en quantité, des baies, des racines, des oléagineux, des poissons sauvages, des gibiers sauvages (quand il les attrape), des œufs. C'est l'alimentation ancestrale, appelée aussi paléontologique ou hypotoxique.

De l'autre côté du corps, l'alimentation a été profondément modifiée depuis 50 ans, dans sa qualité, dans sa quantité, dans sa répartition en classes d'aliments et dans ses équilibres au sein d'un même compartiment alimentaire.

La nécessité de manger a basculé vers le plaisir. Ce n'est pas incompatible évidemment, mais il faut un équilibre pour vivre. Manger intelligemment avec plaisir, voilà une bonne équation pour la vie.

  Enfin, l'Homme nomade est devenu sédentaire. De même, l'animal comestible est le produit de l'élevage. Ajoutons à cela la pollution. Tous les ingrédients environnementaux sont réunis pour se pencher avec compassion sur le berceau des maladies de civilisation. Une alimentation inadaptée est le facteur prépondérant dans le déclenchement de ces maladies. Qui réceptionne tout cela en premier lieu ? L'intestin de l'Homme.

  L'intestin est une muqueuse, une interface de grande superficie (plus de 200 m²) avec le milieu environnant, truffée de cellules immunitaires, et recouverte par la flore intestinale. Il possède son système nerveux propre et une activité neuro-hormonale (toutefois l'idée d'un deuxième cerveau est très simpliste !)

  C'est donc globalement un ménage à trois, muqueuse intestinale, système immunitaire et flore qui se porte à merveille quand tout va bien.

  L'alimentation moderne est devenue la source de multitudes d'espèces moléculaires nouvelles créées par l'industrialisation agro-alimentaire. Les populations bactériennes de la flore intestinale s'adaptent à cette nouvelle alimentation et modifient leur répartition et leur taille.

  Ces molécules nouvelles (et leur excès), la carence en aliments ancestraux (en variété, qualité et quantité), les modifications de flore, la disproportion de certaines classes d'aliments déclenchent ensemble une hyper-perméabilité de l'intestin, c'est à dire un écartement des cellules. L'intestin étant un écosystème, si l'un des protagonistes se dérègle, l'équilibre est perturbé.

  Finalement, l'intestin devient progressivement une passoire peu sélective lorsqu’apparaît une hyper-perméabilité de la muqueuse. Le système immunitaire, devant cette avalanche de molécules entrant dans le corps, s'active fortement et sécrète des anticorps et des "hormones" initiant l'inflammation. Si les conditions perdurent, l'inflammation s'amplifie d'abord localement, et finit par activer anormalement tout un tas de cellules dans l'organisme, déclenchant à terme des maladies de surcharge, inflammatoires, allergiques, auto-immunes (les cellules immunitaires détruisent certaines cellules du corps qu'elles sont censées protéger !) pouvant toucher n'importe quel organe ou n'importe quelle fonction physiologique. Sont incluses dans ces pathologies les maladies cardiovasculaires, les diabètes, les cancers et les maladies neurodégénératives.

   Ainsi, le retour à une alimentation très variée, correctement calorique, régularisant pour chaque individu les apports en fruits et légumes, viandes, corps gras, sucres, etc…et en normalisant les équilibres dans chaque classe d'aliment, harmonise l'écosystème intestinal et donc diminue l'inflammation.

  Chassons le sectarisme et les dogmes. Ils ne sont pas intrinsèques à la vie, qui est faite de diversité. Manger selon son groupe sanguin, quelle ineptie biologique ! Exclure tel ou tel aliment, sauf s'il est responsable de maladie, est à considérer au cas par cas ! Les excès nuisent en tout, c'est bien connu.

  Nous sommes faits de telle sorte que nous ne pouvons bien fonctionner dans la vie que si l'on se nourrit de produits issus de la Nature. Non seulement celle-ci nous apporte de quoi vivre et survivre tout en s'adaptant au milieu terrien et à nos activités, mais l'apport alimentaire en anti-oxydants est une composante majeure de la vie en protégeant cellules et fonctions de l'organisme. Ces molécules, essentiellement végétales, n'apportent aucune calorie - le concept thermodynamique de la calorie en nutrition humaine est totalement obsolète - mais sont absolument indispensables à l'homme.

  Enfin, lorsque l'on parle d'alimentation et de maladie, on applique à des individus des principes issus d'études effectuées sur des groupes de population. C'est une erreur énorme, une grave responsabilité. En effet, un individu possède un risque propre de maladie, qui n'a rien à voir avec le risque statistique moyen d'un groupe.

  En effet, nous observons autour de nous des individus qui mangent n'importe quoi n'importe quand et qui se portent à merveille. Ceci est le reflet de la diversité génétique des individus. Tout le monde n'est pas loti pareillement sur Terre, et on ne peut imposer à tous les principes d'une même alimentation. Mais ceci est une autre histoire !