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01/10/2017Sport et malbouffe ?

Sport et malbouffe ? Sport et malbouffe

  Une petite nouvelle étude vient de sortir : faire du sport intensif permet-il de contrer la malbouffe des fast-food ?

  On a donc enrôlé 15 jeunes hommes non mariés, de 18 à 30 ans, présentant un index de masse corporelle compris entre 18,5 et 29,9, n'ayant pas de limitation orthopédique, non fumeurs et buvant moins d'une consommation alcoolisée par semaine, et pratiquant plus de 150 minutes de sport par semaine. Ces volontaires n'ont pas de diabète, de maladie digestive, pas de cancer, et ne mangent pas au fast food.

  On a testé toute une série de paramètres biologiques avant et après l'étude : glycémie, insulinémie, hémoglobine glyquée, triglycérides, transaminases hépatiques, gamma gt, cholestérol total, HDL et LDL, apoA, apo B, Lp(a) et CRP ultrasensible. Ont été mesurés la VO2 max, la composition corporelle (masse grasse et musculaire) la déperdition calorique, l'IMC, la pression artérielle et la circonférence thoracique.

  Le programme sportif comprenait par jour 5 minutes d'échauffement, suivi de 15 fois un sprint de 60 secondes permettant d'atteindre 90 % de la fréquence maximale cardiaque, avec un repos en marchant pendant 1 minute entre chaque course, et un repos final de 5 minutes.

  L'alimentation est donc imposée exclusivement au fast food, 3 fois par jour, avec un repas classique burger-soda-frites, sans aucun extra, pendant 14 jours.

  Résultats, on remarque une amélioration sur la composition corporelle, sur la VO2 max, la glycémie à jeun, la Lp(a) et la CRP. Les HDL baissent ; le reste n'a pas bougé. Les auteurs concluent que le sport intensif peut protéger contre la malbouffe.

  On imagine bien l'utilisation de cette étude pour dire que l'on peut manger mal (non varié, trop gras et sucré) à condition de faire du sport. Les restaurateurs sont contents, les officines sportives aussi !

  Hélas, on omettra de signaler les nombreuses objections formulées par les auteurs eux-mêmes :

  • trop peu de participants,
  • tous jeunes,
  • sans femmes,
  • avec trop de disparités sur l'IMC,
  • pas de groupe contrôle,
  • étude faite sur des personnes saines et déjà sportives,
  • sans randomisation,
  • étude réalisée sur un temps trop court.

  Ça fait beaucoup de critiques fondées ; autrement dit, voilà une étude sur laquelle on se fondera pour véhiculer un faux message, sans vergogne.

  Autrement dit, encore une étude qui ne montre absolument… rien !


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