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17/02/2016Coliques infantiles

Coliques infantiles

Les coliques touchent environ 40 % des jeunes enfants, qui ne l'a pas vécu ! Des heures de pleurs inconsolables. On cherche le "rot", on met bébé assis, couché, sur le côté, sur le ventre, on a tout essayé. Cette situation est souvent banalisée, reçue comme "triviale" par la profession médicale. Elle peut néanmoins contribuer à la dépression du post-partum, interférer avec l'allaitement, et même conduire à la mort de l'enfant dans les mains des parents par le syndrome de l'enfant secoué.

 

Ce ne sont pas simplement des pleurs. La colique est une douleur ! La profession médicale a montré à ce propos un historique scandaleux, non seulement en déniant le soulagement de la douleur infantile, mais habituellement en réalisant des actes chirurgicaux sous anesthésie minimale voire sans anesthésie du tout jusque dans les années 80. Un cas fameux de 1985 a été relaté, où un chirurgien a réalisé une opération à cœur ouvert sur un enfant totalement éveillé et conscient, on lui a juste donné un médicament pour le paralyser et l'empêcher de se tortiller, mais comme dans un film d'épouvante-horreur, il ne pouvait pas bouger mais ressentait tout. Ce cas n'était pas un fait isolé, perpétré par un chirurgien particulièrement convaincu d'une éducation "à la dure", mais la torture infantile était une procédure interventionnelle standard dans les années 80. Pas en 1880, pensez vous, mais dans les années 1980. On pensait alors que les enfants ne ressentaient pas la douleur, souvenez vous.

 

Même encore aujourd'hui, des médecins (ou d'autres) n'utilisent pas d'antalgiques ou même d'anesthésie locale pour les circoncisions ou pour les mutilations sexuelles féminines appelées religieusement excisions ou infibulations et autres clitoridectomies (quelle imbécilité !). Procédures issues d'un mental hautement psychiatrique, tellement traumatiques que les enfants montrent des réponses douloureuses fortes en réponse à des vaccinations "banales" plusieurs mois plus tard.

 

La douleur colique est considérée comme un inconfort digestif, comme une crampe intestinale. Certaines études ont observé l'effet de l'huile essentielle de menthe dans la réduction des spasmes intestinaux lors de coloscopies. Si maintenant en France on réalise les coloscopies sous neurolept-analgésie, qu'en est-il dans le traitement des coliques ? Quelques gouttes d'huile de menthe diminuent de moitié les épisodes de coliques, et réduisent les pleurs infantiles quotidiens de 3 heures à deux heures (c'est déjà bien trop, enfin quoi !) aussi bien que le médicament le plus connu, le siméthicone (notgaz, polysilane, flatulex, lefax, imogas,..). Le problème, c'est que le siméthicone n'a pas démontré d'effets bénéfiques sur les coliques.

 

Une étude a montré qu'une préparation de thé pouvait être utile, mais les parents ont été avertis de ne pas l'utiliser. Non seulement le thé peut interférer avec l'allaitement maternel, mais il manque une régulation adéquate de l'industrie. Par exemple, le thé d'étoiles d'anis est couramment utilisé pour les coliques. Le thé d'étoiles d'anis chinois est reconnu sans danger mais le thé d'étoiles d'anis japonais est toxique. Ils se ressemblent, mais le thé japonais d'étoiles d'anis contient un poison neurotoxique potentiel. On a retrouvé du thé japonais contaminé aux USA, et de ce fait, on ne devrait pas le donner aux enfants.

 

Il existe même une étude rapportant la toxicité d'une dose supposée homéopathique de Belladona, qui à l'évidence n'était pas suffisamment homéopathique. Juste pour dire que l'homéopathie n'est pas nécessairement sans danger. Ce n'est pas mieux quand les médecins prescrivent. Les médicaments utilisés pour les coliques sont à base de belladone aussi ! Ils fonctionnent, mais ne devraient pas être utilisés en raison de leurs effets secondaires sérieux.

 

Qu'en est-il de l'habitude du fameux rot ? Roter après manger est, après tout, communément conseillé par les pédiatres, les infirmières, et les sites parentaux, pour promouvoir l'expulsion de gaz accumulés pendant l'alimentation, en déclarant que roter diminue l'inconfort et les épisodes de pleurs, mais les preuves scientifiques de l'efficacité du rot n'existaient pas, jusqu'en 2014, où une étude randomisée contrôlée portant sur la prévention des coliques et des régurgitations chez les enfants sains a été effectuée. Conclusions ? Inutilité sur les coliques et aggravation des régurgitations ! Les bébés qui rotent crachent tout autant que ceux qui ne rotent pas. Bon. Mamie n'en revient pas.

 

Alors, quel est le traitement efficace ? L'éviction des protéines laitières, en pensant que les coliques peuvent être une sorte de réponse allergique. Depuis des décennies, on a montré que les enfants nourris au lait de vache développent des anticorps en réponse aux protéines bovines, ce qui peut expliquer pourquoi les coliques s'améliorent après changement pour une formule industrielle de lait infantile hypoallergénique à base de protéines de soja hydrolysées.

 

Actuellement, les enfants nourris au sein font autant de coliques que ceux nourris aux laits industriels, car le lait maternel issu des femmes buvant du lait contient des protéines de lait de vache ! On sait que les protéines du lait de vache passent dans le lait maternel humain, et peuvent causer certaines réactions allergiques sérieuses, mais qu'en est-il des coliques ? En se basant sur les études de laits de vache "maternisés", les coliques étaient déjà considérées comme un symptôme bien connu d'intolérance au lait de vache avant les années 70. Ainsi, en pensant que les coliques chez les enfants nourris au sein pouvaient être causées par la transmission maternelle des protéines de lait de vache via le sein, on a donné un régime sans produits laitiers aux femmes allaitantes ayant des enfants sujets à coliques. Sur 19 enfants, 13 voient leurs coliques disparaître en 24 heures, et, chez 12 enfants sur ces 13, les coliques réapparaissaient le lendemain après réintroduction des produits laitiers dans le régime alimentaire des mères allaitantes. De mon (ancien) temps, on disait que pour avoir du lait il fallait boire de la bière… Ce qui n'est pas forcément risible, puisque la bière contient des estrogènes… (hopéine du houblon qui est le phyto-estrogène le plus puissant connu) et que les gros buveurs de bière se féminisent.

 

Une fois de plus, ne cédez pas à la publicité laitière ! Circulez, il n'y a rien à boire.

 


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