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07/10/2015microbiote à la petite semaine

microbiote à la petite semaine
 En 2009 déjà, une équipe avait réussi la prouesse de transformer le microbiote intestinal de souris en seulement une journée. On s'est alors demandé si cela pouvait être reproduit chez l’Homme. Pour tester l'hypothèse, on a recruté 10 volontaires et on leur a demandé de suivre un régime alimentaire particulier pendant cinq jours. La moitié d’entre eux devait manger uniquement des produits d'origine animale : bacon et œufs le matin, côtelettes de porc et poitrines de bœuf à midi et enfin salami et fromages pour le dîner (beurk). Les autres en revanche devaient suivre un régime végétarien composé de fibres, fruits, légumes et graines (ahhhh).

 Les expérimentateurs ont collecté les échantillons fécaux avant, pendant et après l'induction du régime. Grâce à plusieurs méthodes de microbiologie, de biologie moléculaire et de génomique, ils ont analysé la composition bactérienne des prélèvements. Ils ont également étudié leur microbiome, c'est à dire l’activité de l’ensemble des gènes du microbiote intestinal (150 fois plus de gènes que nous…).

 Les résultats montrent que l’alimentation affecte peu la diversité des espèces bactériennes de l’intestin (mais pas celle des souches). En revanche, elle modifie fortement leurs proportions, en particulier chez les mangeurs de produits d'origine animale. Après seulement quatre jours, ce groupe montrait en effet un nombre élevé de bactéries capables de tolérer les acides biliaires fabriqués en quantité importante par le foie pour digérer les lipides de la viande.

 L’activité des gènes est également influencée par la nourriture. Chez les mangeurs de protéines carnées, les gènes codant pour les enzymes digérant les protéines sont les plus actifs, alors que les bactéries des végétariens fabriquent préférentiellement des enzymes capables de digérer les glucides. "Ces deux profils d’activité génétique ressemblent beaucoup à ceux que l’on retrouve dans les microbiomes d’animaux carnivores ou herbivores, explique Lawrence David, le principal auteur de ces travaux. Le changement est très rapide puisqu’en cinq jours seulement, le profil d’un végétarien de longue date devient identique à celui d’un carnivore".

 Ces travaux révèlent à quel point la composition du microbiote intestinal peut évoluer rapidement selon le régime alimentaire : donc rien n'est perdu ! Commencer tard est toujours aussi efficace.

 


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