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24/04/2013poids sommeil alimentation

poids sommeil alimentation

Alimentation, prise de poids, obésité et sommeil

 En France, 45% des personnes entre 25 et 45 ans estiment ne pas dormir suffisamment et 17% accumulent une dette de sommeil. De nombreuses études récentes ont montré un rapport entre courte durée de sommeil et élévation de l'indice de masse corporelle (IMC ou BMI), défini par le poids divisé par le carré de la taille en mètre.

 La réduction de la durée de sommeil ou de sa qualité a pour conséquence la diminution de la sécrétion de leptine, hormone entraînant la satiété et augmentant la dépense énergétique, ainsi que l'augmentation de sécrétion de la ghréline, hormone gastrique stimulant l'appétit et réduisant la dépense locomotrice. Ces variations hormonales entraînent une stimulation de l’appétit et de la faim avec une prédilection pour les aliments sucrés; de même la dette de sommeil pourrait nuire au métabolisme du glucose, favoriser l'insulino-résistance et augmenter le risque de diabète de type II. D'un point de vue comportemental, la dette de sommeil favorise la somnolence et le grignotage, et devient un frein pour l'activité physique et facilite donc la prise de poids.

 Chez le sujet obèse ou en surpoids il semble exister une tendance à une moindre prise de poids - ou à une légère perte - si le repas du soir est moins calorique que celui du midi. Des repas plus riches en glucides pourraient accélérer l'endormissement chez le sujet normal. Depuis 1999 on sait que chez le sujet sain l'apport énergétique élevé du soir élève la température corporelle, sans pour autant modifier la structure du sommeil si celui-ci est initié au moins 2 heures après. Les aliments entraînant le plus de satiété et pris le matin plutôt que le soir sont plus souvent associés à une moindre prise de poids. On sait aussi que l'endormissement suit une baisse de température corporelle. On comprend évidemment que manger peu le soir en calories ne nuit pas au sommeil, au contraire !

 La répartition en plusieurs repas, avec faible apport calorique le soir semble donc une mesure nutritionnelle simple, efficace et de bon sens. Pourtant, les données scientifiques restent encore contradictoires, et les liens entre alimentation et sommeil sont influencés aussi par la quantité totale ingérée, le rythme des repas, l'influence de la vidange gastrique des matières grasses, de l'alcool, etc.

Finalement, la perte du rythme veille/sommeil chez l'homme avec l'apparition de l'électricité et plus généralement de la lumière artificielle, nous joue des tours ! Nos grands-mères, et peut-être nos mères pour certains, nous disaient que "les heures de sommeil avant minuit comptent double" et qu'il fallait ne pas se charger l'intestin avant d'aller au lit !

(d'après un rapport de la Société Francophone de Chronobiologie)


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